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Technique

Au-delà du score : cinq données à noter sur la carte pendant un mois

Le handicap index dit combien de coups vous jouez, pas où vous les perdez. Cinq données relevées pendant quatre parties désignent le secteur à travailler, et le General Play permet de les jouer en scores valables.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 7 min
Main notant des chiffres sur une feuille de score
Photo Mikhail Nilov / Pexels

En bref

  • Notez la direction de chaque départ sur les par 4 et par 5 : G, F ou D.
  • Comptez les greens en régulation et le côté où partent les manqués.
  • Remplacez le total de putts par les trois-putts et les putts courts manqués.
  • Sur chaque green manqué, notez si le trou est terminé en deux coups.
  • Enregistrez ces parties en General Play dans la Swiss Golf App, annoncé au marqueur avant le départ.

Chaque saison, près de 390’000 scores individuels passent par le système de handicap centralisé de Swiss Golf. Ces chiffres disent combien de coups vous avez joués. Ils ne disent pas où vous les avez perdus. Pour le savoir, il suffit d’ajouter cinq données à la carte que votre marqueur signe déjà, et de le faire pendant trois ou quatre parties.

L’exercice ne demande ni application payante ni capteur. Il corrige une erreur très répandue : croire que le driver coûte le plus de coups parce que la balle dans les arbres se voit de loin, alors que les approches manquées et les trois-putts, silencieux, pèsent souvent davantage.

Pourquoi le score seul trompe

Avec le World Handicap System, adopté par Swiss Golf début 2021, votre index est la moyenne des huit meilleurs scores parmi vos vingt derniers scores valables. Il résume bien un niveau, mais il mélange tout : un 92 fait de départs parfaits et de putts ratés ressemble à un 92 fait de balles perdues et d’un petit jeu solide. Les deux joueurs ont pourtant besoin d’un entraînement opposé.

Le handicap index moyen tourne autour de 28 en Suisse, selon Swiss Golf. À ce niveau, chaque partie contient des coups faciles à récupérer. Encore faut-il savoir dans quelle catégorie ils se cachent.

Chiffre 1 : les départs en jeu, avec leur direction

Sur chaque par 4 et par 5, notez où finit le coup de départ. Une lettre suffit : G pour la gauche, F pour le fairway, D pour la droite. Sur un 18 trous par 72 qui compte quatre par 3, cela fait quatorze départs à noter. Le nombre varie d’un parcours à l’autre : le Golf de Lavaux affiche un par 72 sur 6’136 mètres, le parcours Severiano Ballesteros de Crans-sur-Sierre un par 71 sur 6’274 mètres, et le parcours de 6 trous de Lavaux, par 18, ne propose que des par 3 où la statistique n’a pas de sens.

Le total importe moins que la répartition. Six fairways manqués dont cinq du même côté ne décrivent pas un swing à refaire, mais une trajectoire à intégrer dans la visée. Notre article sur la gestion de parcours montre comment en tirer parti.

Chiffre 2 : les greens en régulation, et le côté du manqué

Un green est « en régulation » quand la balle est sur la surface avec au moins deux coups d’avance sur le par : en un coup sur un par 3, en deux sur un par 4, en trois sur un par 5. C’est le chiffre qui suit le plus fidèlement le niveau de jeu, parce qu’il combine départ et coup de fer.

Comme pour les fairways, notez aussi la direction du manqué, en ajoutant « court » et « long ». Une série de balles courtes est rarement un problème de frappe : c’est presque toujours un choix de club fondé sur une distance trop optimiste. Là, la correction est immédiate, un club de plus. En montagne, pensez à l’inverse : la balle vole plus loin en altitude, et les manqués longs deviennent plus fréquents.

Chiffre 3 : les putts, mais pas leur total

Le nombre total de putts est la statistique la plus citée et la plus trompeuse. Un joueur qui laisse ses approches à un mètre fait peu de putts sans être bon putter ; celui qui touche beaucoup de greens de loin en fait beaucoup sans être mauvais.

Notez plutôt deux chiffres :

  • Les trois-putts. Ils mesurent le dosage sur les longues distances. Plusieurs trois-putts par partie signalent un travail de vitesse, que notre article sur les putts longs détaille.
  • Les putts courts manqués, à moins de deux ou trois mètres. Ils parlent de la ligne, de la routine et parfois du matériel : un putter mal adapté se repère souvent ici.

Sur des greens rapides, typiques des parcours bien entretenus en plein été, le dosage devient la première source de trois-putts. Dix minutes sur le putting green avant de partir, consacrées uniquement à des putts de dix à quinze mètres, corrigent davantage que n’importe quel conseil technique.

Chiffre 4 : les sauvetages après un green manqué

Chaque fois que le green n’est pas atteint en régulation, notez si vous avez terminé le trou en deux coups depuis l’endroit où se trouvait la balle : une approche et un putt. Les anglophones parlent d’« up and down ».

Pour un joueur de handicap moyen, c’est souvent la catégorie la plus rentable. Si les greens en régulation sont peu nombreux et les sauvetages rares, le petit jeu est l’endroit où se cachent les prochains coups gagnés, et c’est aussi le secteur qui progresse le plus vite avec un entraînement ciblé. Les coups de 40 à 100 mètres entrent dans la même famille : un tableau de longueurs de wedge y répond directement.

Chiffre 5 : les pénalités, avec le mot qui les explique

Notez chaque coup de pénalité, puis un mot sur sa cause : driver, eau, hors limites, trouée, balle perdue. Ce mot compte autant que le chiffre. Une balle perdue au driver sur un trou où vous sortez toujours le driver n’appelle pas la même réponse qu’une balle à l’eau sur une approche que vous auriez pu jouer au centre du green.

Sur les parcours que l’on joue souvent, les pénalités viennent presque toujours des trois ou quatre mêmes trous. Les repérer permet de changer de plan sur ces trous précis, sans rien modifier ailleurs.

Lire les chiffres après quatre parties

Une seule partie, c’est du bruit : une journée de vent, un parcours inconnu, un mauvais départ. Quatre parties donnent une tendance. Faites alors les totaux de chaque catégorie et posez-vous une seule question : laquelle, si elle s’améliorait, me ferait gagner le plus de coups ?

Presque tous les joueurs qui font l’exercice découvrent que leur priorité n’est pas celle qu’ils imaginaient. Un exemple typique : un joueur de handicap 24 persuadé de perdre la partie au départ constate qu’il touche la moitié de ses fairways, mais qu’il manque presque toutes ses approches courtes et totalise plusieurs trois-putts. Son mois d’entraînement change complètement de contenu.

Refaites la mesure après quatre à six semaines, sur le même nombre de parties. La comparaison vous dira si l’entraînement a porté sur le bon secteur.

Et le strokes gained ?

Le strokes gained, la statistique qui domine aujourd’hui l’analyse du golf professionnel, compare chaque coup à ce qu’un joueur de référence ferait depuis la même position. C’est une mesure plus fine que nos cinq chiffres, mais elle suppose de connaître la distance et le lie de chaque coup. Au crayon, c’est irréaliste ; avec un système de suivi automatique, c’est possible. Pour démarrer, les cinq chiffres donnent déjà l’essentiel de l’information.

Où et comment enregistrer vos parties en Suisse

La méthode la plus simple reste la carte de score papier que remettent tous les clubs : cinq petites colonnes au verso, un crayon, une minute par trou. Rien à acheter, rien à charger.

Pour que les parties d’observation comptent aussi pour votre index, Swiss Golf propose le General Play, anciennement appelé « extra day score ». Il permet d’enregistrer gratuitement, dans la Swiss Golf App et via votre profil MySwissGolf, des scores valables pour le handicap en dehors des tournois. L’intention doit être annoncée au marqueur avant le départ, la localisation du téléphone activée, et sur un parcours de 18 trous au moins dix trous doivent être joués. Le score est confirmé par le joueur et son marqueur.

Si le crayon vous rebute, les capteurs vissés dans le grip enregistrent chaque coup et calculent des statistiques automatiquement. Chez un détaillant suisse, le système Garmin Approach CT1 est affiché à CHF 99.90 (prix relevé le 17 septembre 2026). Vérifiez avant l’achat que l’appareil est compatible avec votre montre ou votre téléphone.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les enseignes, systèmes ou organismes cités.

Votre carte des quatre prochaines parties

  • Départs : G, F ou D sur chaque par 4 et par 5.
  • Greens en régulation : oui ou non, et le côté du manqué (gauche, droite, court, long).
  • Putts : nombre de trois-putts et de putts courts manqués.
  • Sauvetages : réussis ou non, sur chaque green manqué.
  • Pénalités : chacune avec le mot qui en donne la cause.

Une minute par trou pendant un mois vaut mieux qu’une saison entière passée à travailler le mauvais secteur.

Comment cette page a été faite

Prix relevé en septembre 2026 chez Golfers Paradise (Suisse). Panxis n’a aucun lien commercial avec ce magasin.

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