Le même parcours se joue de quatre façons par an
Les mêmes dix-huit trous se jouent comme quatre parcours dans l'année. Enfoncez un tee dans le fairway et regardez la brillance du green : cinq secondes d'information qui valent plus que n'importe quel réglage.
En bref
- Printemps : un club de plus, aucun roulement, mais des greens qui tiennent.
- Carottage : puttez ferme à travers la casse et ne réservez rien d'important.
- Été : le sol ferme remet des bunkers en jeu et impose la balle roulée.
- Automne : les feuilles sont la première cause de balle perdue, jouez une provisoire.
- Les interdictions de jeu pour gel ne se discutent pas : le gazon gelé meurt.
Les mêmes dix-huit trous se jouent comme trois ou quatre parcours différents dans l’année, et la plupart des amateurs marquent mal au printemps et à l’automne pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leur swing. Savoir ce que fait le sol vaut mieux que n’importe quel réglage.
C’est l’un des rares domaines du golf où le professionnel et l’amateur disposent exactement de la même information et où un seul des deux s’en sert. Un joueur de circuit teste la fermeté d’un fairway en marchant vers le départ du 1. La plupart des membres de club arrivent à leur balle, lisent le chiffre du télémètre et prennent le club que ce chiffre signifie toujours, en février comme en août.
Printemps : mou, lent, et plus long qu’il n’en a l’air
Les fairways retiennent la balle là où elle tombe : un drive qui roulait jusqu’à 230 mètres en août s’arrête à 205 en avril. Les greens sont lents et accrocheurs, donc les putts restent courts et les approches s’arrêtent plus vite que prévu.
Deux choses distinctes vous coûtent de la distance et elles s’additionnent. L’air froid est plus dense, et à 8 degrés une balle porte quelques mètres de moins que le même swing à 28. Le sol mou supprime le roulement par-dessus. L’effet combiné, pour un index moyen, approche un club entier sur les approches et davantage au départ.
Les corrections sont simples. Un club de plus que ce que dit la distance, viser le centre du green, et n’attendre aucun roulement sur un drive au-dessus d’un bunker que vous portez largement en été. Les greens mous sont la compensation : une balle qui avancerait de six mètres en juillet s’arrête à deux pas en avril, donc une approche qui finit à hauteur de drapeau est vraiment à hauteur de drapeau.
Le printemps est aussi la saison des départs provisoires, des zones interdites et des restrictions de voiturette, qui allongent toutes la partie. Jouez la version courte du parcours sans vous en plaindre : l’alternative est un parcours qui ne se refait jamais pour l’été.
Le carottage : la quinzaine dont tout le monde se plaint
Carottage et sablage donnent des greens bosselés et sableux pendant deux ou trois semaines, et des greens sains l’année suivante. La plupart des clubs français carottent au printemps et de nouveau en fin d’été, et les dates sont annoncées à l’avance.
Pendant cette fenêtre, les putts sautent, prennent moins la pente et ralentissent sur le sable. La bonne réponse est de putter ferme à travers la courbe plutôt que d’essayer de faire mourir la balle au trou, puisqu’un putt ferme subit moins la surface, et d’accepter que des putts parfaitement frappés partent de travers sans que ce soit votre faute.
L’autre bonne réponse est calendaire. Regardez les dates de carottage de votre club en mars et n’y placez ni la qualification du championnat, ni la journée avec les invités venus de loin. Les green-fees sont souvent réduits pendant cette période, ce qui est la compensation et un moment raisonnable pour essayer un parcours que vous ne connaissez pas.
Été : ferme, rapide, et ça roule
Un fairway ferme ajoute vingt ou trente mètres de roulement, ce qui transforme un portage confortable au-dessus d’un bunker en portage dedans. Le bunker qui n’était jamais en jeu en avril l’est parfaitement en août, et le driver qui était le bon club devient le mauvais sur plusieurs trous.
Les greens deviennent rapides et difficiles à tenir : la balle roulée basse devient le coup raisonnable autour du green et la balle haute le coup risqué. Les approches se posent court du drapeau avec le roulement pris en compte, et jouer l’avant du green est souvent la bonne décision un après-midi sec, même sur un drapeau au fond.
L’été est aussi la saison où il faut lire le vent sérieusement, parce qu’un parcours ferme et rapide punit une balle qui reste en l’air. Dans le sud de la France, les greens d’août sont par ailleurs gérés défensivement pendant les fortes chaleurs, ce qui donne des surfaces plus lentes que celles du même parcours en mai.
Automne : feuilles, rosée et balle perdue
Matinées humides, aucun roulement, rough lourd, et un tapis de feuilles qui est la première cause de balle perdue en octobre. Un drive bien frappé qui finit au milieu d’un fairway couvert de feuilles peut disparaître pour de bon.
Annoncez une provisoire plus facilement qu’à n’importe quelle autre période de l’année, visez à l’opposé de la lisière plutôt que de la longer, et commencez la partie en acceptant que des balles se fichent sur des greens détrempés. La balle préférée est fréquente à l’automne : c’est une règle locale et non une politesse, donc lisez le tableau d’affichage.
La compensation est que l’automne est souvent le meilleur golf de l’année : sol assez ferme l’après-midi, grilles de départs vides, et greens remis de l’été. Le problème, c’est la matinée, pas la saison.
Le golf d’hiver, là où il existe
Tapis de départ, greens d’hiver, balle placée et aucun roulement. Dans la moitié nord de la France, la saison se réduit à cela ; en Bretagne et sur la côte atlantique, on joue toute l’année sur des sols qui drainent ; sur la Côte d’Azur et en Corse, l’hiver est la haute saison et l’arithmétique s’inverse.
Là où le golf d’hiver existe dans le nord, les scores ne sont pas comparables et n’ont pas à l’être. Ce que les parties d’hiver apportent, c’est le maintien du mouvement et le travail de la balle basse, qui est de toute façon le coup que les conditions imposent et qui sera utile en mars.
Une règle non négociable : les interdictions de jeu pour cause de gel. Marcher sur un gazon gelé rompt les cellules et le tue, et les deux heures passées au club-house en janvier sont ce qui rend le green jouable en mai.
Lisez le sol, pas la borne
La seule habitude qui distingue un bon joueur saisonnier des autres est de regarder la surface avant de choisir un club, et cela prend cinq secondes.
Enfoncez un tee dans le fairway : s’il entre tout seul, le sol est mou et la balle ne roulera pas ; s’il résiste, il faut compter le roulement. Regardez la brillance du green : mat et humide, c’est lent ; brillant et sec, c’est rapide. Regardez la première approche de la journée, peu importe qui la joue, et notez si elle a freiné ou avancé.
Faites-le au premier trou, ajustez, et vous avez le calibrage du jour avant qu’il ne vous ait coûté quoi que ce soit. La plupart des joueurs le comprennent vers le douzième.
Où cela compte le plus en France
L’amplitude saisonnière est maximale dans le nord et l’est, où un parcours peut jouer un club et demi plus long en avril qu’en juillet, et où le calendrier de carottage et les interdictions pour gel décident réellement du moment où il vaut la peine de réserver. Les sites des clubs et ceux des ligues régionales publient les calendriers d’entretien, et cela mérite un coup d’œil avant de réserver quelque chose qui compte.
Sur la façade atlantique et en Bretagne, les parcours de bord de mer sur sol sableux drainent vite et se jouent toute l’année, avec un golf plus ferme et plus roulant que ce à quoi la plupart des joueurs français sont habitués : c’est là que la balle basse et le jeu au sol prennent leur sens.
Dans le sud, le calendrier s’inverse partiellement. La haute saison va du printemps à l’automne pour les visiteurs, l’été est chaud et les greens sont défendus, et les tarifs d’hiver sont les plus intéressants du pays sur des parcours parfaitement jouables. C’est aussi la destination de repli naturelle quand le nord est fermé.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs ou organismes cités.
Ce qu’il faut changer, saison par saison
- Printemps : un club de plus, viser le centre, ne compter sur aucun roulement, faire confiance aux greens mous.
- Semaines de carottage : putts fermes, attentes basses, et aucune partie importante au calendrier.
- Été : poser court, utiliser le roulement, jouer la balle roulée, revérifier quels bunkers sont en jeu.
- Automne : balles provisoires, éviter les feuilles, prévoir des balles fichées le matin.
- À chaque partie : enfoncer un tee dans le fairway au trou 1 et regarder la brillance du green.
Le parcours dit chaque jour ce qu’il fait, gratuitement, avant même que vous ayez joué un coup. La plupart des joueurs sont trop occupés à rejouer leur swing pour le regarder.






