Dos raide en fin de saison : cinq minutes par ronde et le physiothérapeute sans référence au Québec
En fin de saison, le bas du dos se plaint souvent au retour du golf. La cause tient moins à l'élan qu'au dos froid, aux flexions répétées et aux heures passées assis, et quelques minutes bien placées y changent beaucoup.
En bref
- Selon l'étude de Hosea et collègues (1990), la compression au bas du dos atteint environ huit fois le poids du corps pendant la descente d'un fer 5.
- Cinq minutes au stationnement avec un seul fer : marche, charnière des hanches, rotations du haut du dos, fente, élans qui grandissent.
- Douleur qui descend dans la jambe, engourdissement, faiblesse ou douleur nocturne : on arrête et on consulte ; perte de sensation en selle ou troubles de la vessie : urgence.
- Au Québec, on consulte un physiothérapeute en clinique privée sans référence ; la RAMQ ne paie pas ces séances, vérifiez votre assurance collective.
Fin septembre, départ à 7 h 40. Il fait 5 degrés, la gelée blanche vient à peine de fondre sur les allées et vous avez roulé trois quarts d’heure avant de sortir le sac du coffre. Au 15, en vous penchant pour retirer la balle de la coupe, un tiraillement se réveille au bas du dos. Le lendemain, lacer ses bottes devient une petite épreuve. Ce scénario tient moins à l’élan qu’à ce qui l’entoure : un dos froid, des gestes répétés sans y penser, une journée assis. Cinq minutes bien placées avant, pendant et après la ronde changent la donne. Voici lesquelles, et vers qui vous tourner au Québec quand la douleur s’installe.
Précision utile : il s’agit de conseils généraux pour des golfeurs raides ou endoloris, pas d’un traitement. Si la douleur est vive, descend dans une jambe ou vous empêche de dormir, allez directement à la section sur les signaux d’alerte.
Ce que votre colonne encaisse en une ronde
L’élan de golf combine trois mouvements en une fraction de seconde : une rotation rapide du tronc, une inclinaison sur le côté et une extension à la fin. En 1990, l’équipe de Timothy Hosea a mesuré les forces qui s’exercent sur la colonne lombaire de golfeurs amateurs et professionnels frappant un fer 5. Pendant la descente, la compression au bas du dos atteignait environ huit fois le poids du corps. Multipliez par chaque coup plein et chaque élan d’essai.
Andrew McHardy et ses collègues ont sondé des golfeurs amateurs australiens : le bas du dos était le premier site de blessure, avec environ le quart des blessures rapportées sur un an.
La raison est en partie mécanique. Les vertèbres lombaires sont conçues surtout pour fléchir vers l’avant et vers l’arrière ; chacune ne pivote que de quelques degrés. La rotation doit venir des hanches et du haut du dos. Or, après une semaine au bureau ou une longue route jusqu’au club, les hanches sont raides, et le bas du dos compense en se tordant plus qu’il ne le devrait. Presque tout ce qui suit vise donc à garder hanches et haut du dos mobiles.
Les gestes qui usent le dos loin du tertre
On blâme volontiers l’élan, mais le mouvement le plus fréquent d’une ronde, c’est de se pencher. Planter un té, réparer une marque d’impact sur le vert, ramasser la balle dans la coupe : des dizaines de flexions par ronde, souvent jambes tendues.
Il y a aussi ce qui se passe avant le premier trou. Soulever un sac chargé par-dessus le rebord du coffre, bras tendus et tronc tourné, est l’un des pires gestes de la journée. Et en voiturette, on reste assis, le dos arrondi, parfois plusieurs minutes entre deux coups, avant de se lever pour frapper à pleine vitesse. Par un matin d’automne, chaque arrêt refroidit un peu plus le dos.
Avant le départ : cinq minutes dans le stationnement
Rien ne remplace un vrai échauffement, décrit dans notre article sur la façon de s’échauffer avant son départ au Québec. Ce qui suit est le strict minimum pour les jours où le préposé au départ appelle déjà votre quatuor. Gardez votre couche chaude pendant ces minutes ; vous l’enlèverez au moment de frapper. Un fer 7 suffit comme accessoire.
- Marcher d’un bon pas. Un tour du stationnement, les bras qui se balancent librement, pour réchauffer la machine.
- La charnière avec le bâton. Placez le fer à la verticale le long du dos, en contact avec l’arrière de la tête, le haut du dos et le bas du dos. Reculez les fesses et penchez-vous à partir des hanches sans perdre ces trois points de contact, puis remontez. Une dizaine de fois, lentement.
- Les rotations du haut du dos. Le bâton en travers des épaules, derrière la nuque, prenez votre posture et tournez les épaules vers l’arrière puis vers la cible, en laissant les hanches suivre un peu. Dix de chaque côté. La rotation doit venir de la poitrine, pas de la taille.
- Les hanches et les jambes. Une fente vers l’avant, le genou arrière vers le sol, les hanches poussées doucement vers l’avant jusqu’à sentir l’étirement sur le devant de la cuisse arrière. Deux respirations, deux fois de chaque côté. Puis quelques flexions des jambes, le bâton tenu devant vous pour l’équilibre.
- Un élan qui grandit. Sans balle, commencez par des demi-élans, passez aux trois quarts, puis à l’élan complet, une dizaine en tout, en augmentant la vitesse peu à peu. Votre premier élan à pleine vitesse ne devrait pas être celui du 1.
Tout doit rester facile. Pas d’étirement forcé ni tenu longtemps avant une ronde : des mouvements courts et actifs font mieux l’affaire.
Pendant la ronde : des minutes semées d’un tertre à l’autre
- Pliez les genoux. Pour ramasser la balle, appuyez-vous sur le fer droit et levez une jambe derrière vous en basculant vers l’avant, ou pliez simplement les genoux.
- Sortez de la voiturette plus tôt. Descendez dès que votre partenaire a joué, marchez jusqu’à votre balle et faites deux ou trois élans d’essai souples. Un dos qui vient de passer cinq minutes plié sur un banc est redevenu un dos froid, surtout quand l’air est frais.
- Profitez du virage. Entre le 9 et le 10, pendant que les autres passent au casse-croûte, refaites la charnière et les rotations.
- Buvez, même s’il fait frais. On boit moins quand il fait 8 degrés, et la fatigue de fin de ronde rend tout plus raide. Notre article sur quoi manger et boire pour tenir 18 trous donne des repères.
Sac à l’épaule, chariot ou voiturette
Marcher fait du bien au dos. Un sac lourd sur une seule épaule, beaucoup moins. Si vous portez, utilisez les deux bretelles et faites le ménage : balles de rechange en trop, deuxième imperméable, bouteilles superflues. La tuque et les mitaines d’automne s’accrochent au chariot plutôt que dans le sac.
Pour un dos sensible, le chariot à pousser est souvent le meilleur compromis : vous gardez la marche, qui tient le dos au chaud et en mouvement, sans la charge d’un seul côté. Notre comparatif pour louer, acheter un chariot électrique ou porter son sac fait le calcul. La voiturette, elle, ménage les jambes, pas forcément le dos. Dans tous les cas, sortez le sac du coffre genoux pliés, le sac collé au corps, sans vous étirer par-dessus le pare-chocs.
Au champ de pratique, comptez vos balles
Le champ de pratique est un terrain propice aux maux de dos, parce qu’il supprime les pauses naturelles d’une ronde. Au champ, un grand seau part en une demi-heure, souvent au bois 1.
Fixez-vous un budget : une cinquantaine de balles suffit pour la plupart des séances, avec une pause toutes les quinze ou vingt balles. Commencez par les cocheurs, et gardez du temps pour les approches et les coups roulés, qui sollicitent peu le dos. Préférez le gazon au tapis : un coup gras sur une surface dure transmet plus de choc au corps. Notre article sur la séance de champ de pratique qui rapporte montre comment tirer plus de moins de balles.
Ajuster l’élan sans le refaire
Quelques ajustements, sur lesquels la plupart des professionnels s’entendent, suffisent souvent.
- Libérez les hanches. Bloquer les hanches pour « enrouler » davantage envoie la torsion droit dans les lombaires. Si vous manquez de souplesse, laissez les hanches tourner et le talon avant se soulever un peu à la montée.
- Ouvrez les pieds. Les deux pointes tournées de quelques degrés vers l’extérieur facilitent la rotation des hanches.
- Finissez droit. La finition en « C inversé », dos cambré et tête derrière les hanches, est dure pour la colonne. Finissez droit sur la jambe avant, la poitrine face à la cible.
- Raccourcissez la montée. Un élan aux trois quarts bien centré envoie souvent la balle presque aussi loin qu’un élan complet mal frappé, et il en demande moins à la colonne.
Pour un changement plus important, travaillez avec un professionnel qui tient compte de vos limites physiques. L’hiver s’y prête bien, comme l’explique notre article sur les leçons de golf au Québec.
Après la dernière normale : cinq minutes avant l’autoroute
Ce sont les minutes que presque tout le monde saute. Avant de remonter en auto, marchez deux minutes au lieu de filer droit au stationnement. Refaites la fente pour les hanches, puis une inclinaison latérale lente de chaque côté, debout. Rendu à la maison, un genou ramené doucement vers la poitrine, couché sur le dos, complète le tout. L’idée : ne pas passer une heure assis dans le trafic avec un dos qui vient de travailler fort.
Entre deux rondes et pendant l’hiver : marcher, rester actif, renforcer hanches et tronc. Le pont, la planche latérale et l’exercice dit « chien-oiseau », à quatre pattes, font partie des programmes classiques pour le dos ; un physiothérapeute peut vous dire lesquels vous conviennent.
Les signaux qui commandent d’arrêter
Une raideur ordinaire après une ronde se calme en général en un jour ou deux. Arrêtez de jouer et faites-vous examiner si :
- la douleur descend dans une jambe ou les deux, surtout sous le genou, ou s’accompagne d’engourdissements ou de picotements ;
- une jambe faiblit, ou votre pied accroche le sol en marchant ;
- la douleur vous réveille la nuit ou ne diminue pas au repos ;
- elle est apparue après une chute ou un mouvement brusque ;
- elle dure depuis plusieurs semaines malgré le repos et une activité douce.
Une perte de sensation à l’aine, aux fesses ou à l’intérieur des cuisses, ou un nouveau trouble pour contrôler la vessie ou les intestins, est une urgence : rendez-vous à l’urgence sans attendre.
Où consulter au Québec quand le dos ne se replace pas
Bonne nouvelle : au Québec, aucune référence médicale n’est nécessaire pour consulter un physiothérapeute. L’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (OPPQ) précise que les physiothérapeutes en pratique privée peuvent être consultés directement, sans prescription. Son répertoire en ligne, sur oppq.qc.ca, permet de trouver un membre par région.
Côté argent, faites vos devoirs avant le premier rendez-vous. Selon l’OPPQ, la RAMQ couvre les traitements de physiothérapie donnés dans les établissements de santé publics, mais pas ceux des cliniques privées. Les assurances privées et collectives remboursent souvent une partie des séances, mais certains contrats exigent une prescription médicale pour payer, même si la loi ne l’impose pas. Vérifiez dans votre brochure d’assurance collective le plafond par séance, le plafond annuel et l’exigence d’une prescription. Les cliniques fixent leurs tarifs : demandez le prix de l’évaluation et les frais d’annulation.
Si vous hésitez sur la marche à suivre, Info-Santé 811 est un service téléphonique gratuit, offert jour et nuit partout au Québec, qui vous met en contact avec une infirmière et peut vous orienter vers la bonne ressource de votre région.
Au moment d’appeler une clinique, demandez si le physiothérapeute voit régulièrement des golfeurs et si la première évaluation porte aussi sur la mobilité des hanches et du haut du dos, pas seulement sur l’endroit qui fait mal. L’automne s’y prête : quelques semaines de suivi pendant que vous fermez la saison vous laissent tout l’hiver pour reprendre des forces avant l’ouverture des terrains.
L’aide-mémoire à glisser dans le sac
- Au stationnement : marche, charnière, rotations, fente, élans qui grandissent, couche chaude sur le dos.
- Sur le parcours : genoux pliés, sortir tôt de la voiturette, rotations au virage, de l’eau.
- Le sac : deux bretelles ou un chariot, genoux pliés au coffre.
- Au champ de pratique : cinquante balles, des pauses, le gazon plutôt que le tapis.
- Après la ronde : deux minutes de marche et la fente avant l’auto.
- Si ça ne passe pas : physiothérapeute membre de l’OPPQ, sans référence, en vérifiant d’abord votre assurance.
Aucune de ces étapes ne prend plus de cinq minutes. Faites-les à chaque ronde jusqu’à la fermeture, et le retour vers le chalet du club se fera avec un dos qui suit encore.






