Depuis quels départs devriez-vous vraiment jouer
Multipliez votre portée de driver par 28 pour trouver la longueur de parcours qui vous va. Un joueur à 180 mètres a sa place sur 5 000 mètres, et le système de handicap tient déjà compte du changement.
En bref
- Portée de driver × 28 : 180 mètres pointent vers un parcours de 5 000 mètres.
- Utilisez la portée et la moyenne, pas le meilleur drive dont vous vous souvenez.
- Chaque série a son slope et son course rating : la carte compte normalement.
- Un pro sur 6 800 mètres joue le même rapport qu'un joueur de 180 sur 5 000.
- Demandez si votre parcours publie des départs combinés pour les groupes mixtes.
Il y a beaucoup plus d’amateurs qui jouent un parcours trop long pour eux que l’inverse, et c’est la chose la plus facile à corriger dans tout le golf. Les bons départs font jouer le parcours comme il a été dessiné, rendent possible une partie en quatre heures, et ne coûtent rien. Le seul obstacle est ce que l’on ressent en passant devant une boule.
Cet article traite du calcul, de l’objection et de ce qui arrive réellement à une carte quand un joueur avance d’une série. En résumé : les chiffres ne sont pas serrés, et presque personne ne revient en arrière.
Le calcul que personne ne fait
Partez de l’intention de l’architecte. Un parcours de 6 000 mètres est construit pour qu’un bon joueur entre dans la plupart des par 4 avec un drive et un fer moyen. Les greens sont dessinés, protégés et inclinés pour recevoir une balle qui arrive à la hauteur et avec l’effet d’un fer 7, et les bunkers de fairway sont placés là où finit un drive bien frappé.
Mettez maintenant sur les mêmes départs un joueur dont le driver porte à 180 mètres. Son drive s’arrête cinquante mètres avant ce que le dessin supposait, et il lui reste 165 mètres pour entrer dans un green construit pour refuser tout ce qui roule. Ce n’est pas un test de golf, c’est un test d’endurance, et c’est pour cela que tant de parties s’effondrent au retour : le joueur a joué quatorze longues approches qui n’étaient pas censées exister.
L’effet cumulé est le plus coûteux. Un green manqué de 165 mètres est manqué de plus loin qu’un green manqué de 130, ce qui donne une approche plus longue, donc un putt plus long, donc un bogey là où le dessin proposait un par.
La règle qui fonctionne
Multipliez votre distance moyenne de driver par 28. Un joueur qui porte à 180 mètres a sa place sur un parcours d’environ 5 000 mètres ; 210 mètres suggèrent 5 900 ; 230 mètres suggèrent 6 400.
La formule vient de la campagne Tee It Forward, portée aux États-Unis par l’USGA et la PGA of America et reprise depuis par plusieurs fédérations européennes. Tous les essais publiés donnent le même double résultat : des scores plus bas et des parties plus rapides, avec une large majorité de participants qui déclarent avoir davantage aimé leur tour.
Deux précautions sur le chiffre d’entrée. Utilisez la portée, pas la distance totale avec le roulement sur un fairway sec d’août, et utilisez votre moyenne, pas le meilleur drive dont vous vous souvenez. Un joueur qui se croit à 220 et porte réellement à 190 choisira un parcours de 800 mètres trop long, ce qui est exactement l’erreur que la règle sert à éviter.
Si vous ne l’avez jamais mesurée, une séance de radar ou un practice avec des cibles balisées et un télémètre donnent un chiffre honnête en vingt minutes. Dix balles, on écarte les deux meilleures et les deux pires, on fait la moyenne du reste.
Ce qui change quand on avance
Les coups d’approche partent de distances que vous savez jouer. Les greens tiennent, parce qu’une balle qui arrive avec la trajectoire d’un fer 7 tombe assez raide pour s’arrêter. Les par 5 deviennent atteignables en trois coups confortables au lieu de quatre inconfortables, et le troisième coup devient un wedge complet plutôt qu’une petite balle grattée.
La plupart des joueurs disent découvrir pour la première fois le parcours qu’ils voient à la télévision : fairway, fer, putt. C’est exactement l’idée. Le golf professionnel paraît attirant parce que les joueurs sont toujours à portée du green, et être à portée du green dépend de la boule d’où l’on part, pas du talent.
Le rythme s’améliore pour une raison mécanique : chaque coup supplémentaire est une marche, un choix de club, un swing d’essai et une attente. Supprimer un coup par trou à quatre joueurs retire près d’une demi-heure au tour.
L’objection, et la réponse
Avancer donne l’impression d’un renoncement, et c’est là tout l’obstacle. Il vaut mieux le prendre au sérieux que le balayer, parce que l’amour-propre est le mécanisme réel qui maintient les joueurs sur les mauvaises boules.
La réponse est une question de proportion. Un professionnel qui drive à 300 mètres et joue un fer 7 de 160 dispose d’un parcours proportionnellement plus court, relativement à sa propre distance, que la plupart des membres de club. Quand un professionnel joue 6 800 mètres, il affronte le même rapport qu’un joueur de 180 mètres sur 5 000. Avancer, ce n’est pas jouer un golf inférieur, c’est jouer le même à votre échelle.
Il existe une seconde objection, plus discrète : la longueur inscrite sur la carte fait partie de l’identité. Si cela peut aider, notez que les meilleurs joueurs de votre club jouent presque tous une série en avant des boules arrière en partie amicale, et que les départs arrière ne représentent qu’une petite minorité des tours joués sur un parcours français.
L’index fonctionne toujours, et les chiffres le prouvent
Dans le système mondial de handicap, chaque série de départs a son propre slope et son propre course rating. Le course rating est ce qu’un joueur scratch rendrait depuis ces boules ; le slope décrit à quel point le parcours devient plus difficile pour un joueur de niveau bogey.
Une carte rendue depuis des départs avancés se convertit à travers ces deux nombres et compte parfaitement pour l’index. Vous ne trichez pas, et vous ne vous facilitez pas la victoire : un 78 depuis 5 000 mètres et un 84 depuis 6 000 peuvent produire un différentiel très voisin. Ce qui change, c’est que le tour a duré quatre heures au lieu de cinq et que vous l’avez aimé.
En compétition, jouer des séries différentes dans la même épreuve se règle par un ajustement du handicap de jeu, que les logiciels de club appliquent automatiquement. Posez la question au secrétariat plutôt que de supposer que c’est interdit.
Ce que cela donne trou par trou
Le changement se voit le mieux sur un par 4 ordinaire. Prenons un trou de 360 mètres depuis les boules arrière et 310 depuis la série avant, joué par un joueur qui porte son driver à 180 mètres et son fer 8 à 125.
| 360 mètres | 310 mètres | |
|---|---|---|
| Le drive finit à | 195 mètres, en jeu | 195 mètres, en jeu |
| Approche | 165 mètres, bois 5 ou hybride | 115 mètres, fer 9 |
| Résultat probable | court ou côté court, approche et deux putts | sur le green ou du bon côté |
| Score typique | bogey, parfois double | par, parfois bogey |
Répétez cela sur dix par 4 et la différence n’est pas d’un ou deux coups, c’est la physionomie du tour entier. Cela explique aussi pourquoi le gain n’apparaît pas sous forme de birdies : il apparaît sous forme de doubles qui disparaissent.
Parties mixtes et départs combinés
Rien n’oblige tout le monde à partir des mêmes boules, et la partie est plus agréable quand ce n’est pas le cas. Un quatre balles dont les index s’étalent sur trente points et qui joue les mêmes départs produit deux joueurs qui s’amusent et deux qui subissent.
Beaucoup de parcours français publient désormais des parcours combinés, qui mélangent boules avancées et reculées trou par trou et disposent de leur propre course rating et de leur propre slope. Ils existent souvent sur la carte de score sans que personne n’en parle : posez la question à l’accueil. Ils conviennent particulièrement à un joueur situé entre deux séries, puisque les longs par 3 avancent pendant que les courts par 4 reculent.
Pour les familles et les débutants, la même logique va plus loin. Rien n’interdit à un débutant de partir du repère des 150 mètres pendant ses premiers mois, et tout le recommande : un golf possible est un golf que l’on recommence.
Où essayer en France
N’importe quel parcours avec quatre séries de boules fait l’affaire, et la plupart des 18 trous français en ont quatre ou cinq. Le geste utile est de regarder la carte de score avant de réserver : les longueurs, le course rating et le slope de chaque série y figurent, ainsi que sur le site du club.
Les parcours publics et les golfs commerciaux sont l’endroit le moins intimidant pour changer, parce que personne ne vous regarde et que le starter a tout vu. Les parcours de resort et les grands parcours de championnat sont l’endroit le plus utile pour essayer, puisque ce sont les tracés les plus longs et les plus protégés que vous jouerez dans l’année, et que l’écart entre la bonne et la mauvaise série y est maximal.
Pour la mesure préalable, les espaces de fitting de certains magasins spécialisés donnent une portée de driver au radar en une demi-heure, et un practice avec télémètre fait le même travail gratuitement. La ffgolf publie les tables de conversion d’index et l’explication du slope, et le secrétariat de votre club calcule votre handicap de jeu pour chaque série en trente secondes.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les magasins consultés et ne touche aucune commission.
À essayer une fois, sérieusement
- Calculez honnêtement votre portée moyenne au driver, sur dix balles.
- Multipliez par 28 et repérez la série de départs la plus proche.
- Jouez une partie complète depuis là et notez le score et la durée.
- Comptez les approches jouées au fer 7 ou plus court, et comparez avec un tour habituel.
- Si le groupe a des niveaux très différents, demandez si le parcours a des départs combinés.
Presque personne ne revient en arrière après avoir essayé, et ceux qui le font ont au moins pris la décision avec un chiffre plutôt que par habitude.






