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Six erreurs qui font perdre des balles, du lac du Golf National aux ajoncs de Dinard

Perdre une demi-douzaine de balles sur un dix-huit trous n'a rien d'exceptionnel quand on débute, et la plupart ne disparaissent pas à cause du swing. Elles disparaissent à cause de réflexes qui se corrigent dès la prochaine partie, des lacs du Golf National aux pinèdes landaises.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Camille Laurent) · · 12 min
Un plan d'eau balisé de piquets rouges devant un green, avec un bunker au premier plan
Photo Nici Gottstein / Pexels

En bref

  • Suivez chaque balle jusqu'au sol et accrochez le point de chute à un repère précis : quatre joueurs qui regardent retrouvent bien plus de balles qu'un seul.
  • Pour une balle qui risque d'être perdue ou hors limites, annoncez une balle provisoire avant d'avancer, en prononçant le mot « provisoire » (Règle 18.3).
  • Dans une zone à pénalité, rejouer du départ n'est qu'une option : la Règle 17 permet de se dégager en arrière sur la ligne, ou latéralement à deux longueurs de club si la zone est rouge.
  • En octobre, feuilles mortes, gazon retourné par les sangliers et tiques dans les fougères : lisez les règles locales et laissez les balles parties dans les hautes herbes.

Au retour d’une première saison, on fait volontiers les comptes : la série de clubs, les leçons, les green-fees, la licence. On oublie presque toujours la ligne la plus régulière du budget, celle des balles qui restent dans les étangs, les ajoncs et les sous-bois. Perdre une demi-douzaine de balles sur un dix-huit trous n’a rien d’exceptionnel quand on débute. Pourtant, la plupart d’entre elles ne disparaissent pas à cause d’un mauvais swing. Elles disparaissent à cause de réflexes : un regard levé trop tôt, un driver sorti par habitude, une balle de secours qu’on n’annonce pas, un deuxième essai au-dessus de la même pièce d’eau. Ces réflexes se corrigent en une partie, sans toucher à la technique. Voici les six qui coûtent le plus cher, les Règles qui vous aident à limiter la casse, et ce qui change entre le lac du Golf National, les landes bretonnes et les pinèdes des Landes.

Une balle perdue coûte plus qu’un coup

Un green manqué vous coûte un coup. Une balle perdue ou hors limites vous en coûte deux, plus la balle elle-même, plus la marche du retour si vous devez rejouer d’où vous étiez. Ce sont ces trous-là qui font exploser une carte de débutant : un 9 ou un 10 au milieu de bogeys honnêtes. C’est aussi pour cela que la manière la plus rapide de baisser son score, la première année, consiste moins à mieux frapper qu’à garder la balle en jeu et à savoir quoi faire quand elle n’y est plus.

Bonne nouvelle : aucune des six corrections qui suivent ne demande de changer votre swing. Elles relèvent de ce que les enseignants appellent la gestion de parcours, que nous détaillons dans notre article sur la gestion de parcours qui fait gagner des coups.

Erreur n° 1 : quitter la balle des yeux avant qu’elle retombe

Le scénario est toujours le même. Le joueur relève la tête au moment de l’impact, aperçoit un point blanc dans le ciel, le perd à mi-hauteur, puis part vers une zone floue du rough en se disant que « c’était par là ». Une fois sur place, chacun cherche dans une direction différente et le délai de trois minutes file très vite.

La correction tient en deux gestes. D’abord, suivez la balle jusqu’au sol, rebond compris, sans vous préoccuper de votre finish. Ensuite, accrochez le point de chute à un repère qui sera encore visible quand vous arriverez : un chêne au tronc fourchu, le bord droit d’un bunker, un piquet de distance, un poteau de clôture. « À peu près vers le bosquet » ne sert à rien. « Trois mètres avant le pin isolé, côté gauche » vous mène droit à la balle.

Faites-en une règle de partie. Quand un joueur se met à l’adresse, les trois autres arrêtent de parler et regardent le coup. Après chaque départ, celui qui a le mieux vu le dit à voix haute. Quatre paires d’yeux retrouvent des balles qu’un joueur seul n’aurait jamais revues, et ce petit rituel ne prend aucune seconde de plus.

Erreur n° 2 : partir à la recherche sans balle provisoire

Votre drive file vers les arbres. Vous pensez qu’il est sans doute ressorti, vous marchez deux cents mètres, vous cherchez, vous ne trouvez rien. Les Règles vous renvoient alors au départ, sous la pénalité de coup et distance (Règle 18.1). Avec la partie suivante qui attend sur le tee, peu de débutants osent faire demi-tour : ils droppent une balle au jugé, notent un chiffre approximatif et repartent. Rien de tout cela n’est réglementaire.

La balle provisoire existe précisément pour éviter ce dilemme. Lorsque votre balle risque d’être perdue hors d’une zone à pénalité ou d’être hors limites, vous pouvez jouer une deuxième balle du même endroit avant d’avancer (Règle 18.3). Une condition est stricte : avant de jouer, vous devez annoncer à quelqu’un que vous jouez une balle provisoire, et le mot « provisoire » doit être prononcé. « J’en remets une » ne suffit pas, et sans l’annonce, la deuxième balle devient votre balle en jeu.

Ensuite, tout est simple. Si vous retrouvez la première balle dans les trois minutes qui suivent le début de la recherche (Règle 18.2a), vous la jouez et vous ramassez la provisoire. Sinon, vous continuez avec la provisoire, avec la même pénalité que si vous étiez revenu au départ, mais sans avoir refait le chemin. Une précision utile : on ne joue pas de provisoire pour une balle dont on sait, ou dont on est pratiquement certain, qu’elle est dans une zone à pénalité. Dans ce cas, c’est la Règle 17 qui s’applique, et elle vous offre de meilleures options.

Certains comités adoptent aussi la Règle locale type E-5, une alternative au coup et distance pensée pour le jeu amical : pour deux coups de pénalité, vous droppez près de l’endroit où la balle a été perdue ou est sortie, jusqu’au bord du fairway, sans revenir en arrière. Elle ne s’applique que si votre club l’a adoptée, et jamais à une balle en zone à pénalité. Lisez les règles locales au dos de la carte ou au tableau d’affichage avant de partir. Nous revenons sur ces subtilités dans notre article consacré aux règles de golf souvent mal comprises.

Erreur n° 3 : retaper au-dessus du même étang

La balle plonge dans la pièce d’eau devant le départ. Le débutant replace une balle sur un tee, rejoue exactement le même coup avec la même crispation, et la deuxième balle rejoint la première. C’est l’une des scènes les plus fréquentes sur un parcours français le dimanche matin, et elle n’a rien d’obligatoire.

Une pièce d’eau balisée est une zone à pénalité. Si votre balle y est, vous pouvez, avec un coup de pénalité, rejouer du départ, mais ce n’est qu’une option parmi d’autres. Vous pouvez aussi vous dégager en arrière sur la ligne : vous droppez sur la ligne qui part du drapeau et passe par le point où la balle a franchi en dernier la lisière de la zone, aussi loin en arrière que vous le souhaitez. Si la zone est rouge, une troisième option s’ajoute : le dégagement latéral, dans les deux longueurs de club autour du point d’entrée, pas plus près du trou. Avec une zone jaune, vous n’avez que les deux premières. Dans tous les cas, l’eau se retrouve derrière vous et vous ne jouez plus le même coup piège.

Un réflexe de plus : sur les trous où l’eau menace, jouez une balle déjà rayée. Vous avez le droit de changer de balle entre deux trous, et une balle repêchée qui repart au fond fait moins mal qu’une balle neuve. Notre guide des balles repêchées explique lesquelles jouent assez bien pour ce rôle.

Erreur n° 4 : tenter l’ouverture entre deux troncs

Votre balle s’est arrêtée derrière un arbre, et une trouée de la largeur d’une porte s’ouvre vers le green. Vous passerez peut-être une fois sur dix. Les neuf autres, la balle heurte une branche et s’enfonce plus loin dans le bois, ou file vers la propriété voisine, au-delà des piquets blancs.

Le bon choix est presque toujours de ressortir par le chemin le plus court, souvent de côté : un coup bas avec un fer 7 ou un fer 8, balle reculée dans le stance, juste assez pour retrouver le fairway. Sur le moment, on a l’impression de rendre un coup. En réalité, on en économise, parce que l’alternative se paie souvent en deux ou trois coups de plus dans les mêmes arbres, et on garde la balle que le coup héroïque aurait perdue.

La même logique vaut pour le long coup au-dessus de l’eau à 170 mètres. Si vous ne miseriez pas un billet de 20 € sur votre réussite, posez la balle à une distance que vous aimez, puis jouez une approche. Le bogey qui en sort vaut largement le double bogey probable.

Erreur n° 5 : sortir le driver sur chaque départ

Le driver est le club du départ, pense-t-on. C’est aussi le club que l’on frappe le moins droit, et sur un trou étroit, bordé d’eau d’un côté et de hors limites de l’autre, ses vingt-cinq ou trente mètres de plus ne valent pas la balle qu’il met en danger.

Chaque fois que les ennuis se trouvent à portée de votre raté habituel, partez avec le club que vous tapez le plus droit, même s’il s’agit d’un hybride ou d’un fer 7. Vous serez plus loin du green, mais sur le fairway, avec votre balle. Notre article pour trouver plus de fairways montre comment choisir le côté du trou à privilégier. Le choix des repères compte aussi : depuis des départs adaptés à votre niveau, les carries au-dessus de l’eau raccourcissent souvent beaucoup.

Erreur n° 6 : jouer une balle qu’on ne peut pas reconnaître

Vous trouvez une balle exactement là où la vôtre devrait être. Même marque, même numéro… et votre partenaire joue la même. Si rien ne permet de dire laquelle est la vôtre, vous ne pouvez pas la considérer comme votre balle, et une balle que vous n’identifiez pas dans les trois minutes est perdue. Si vous jouez la mauvaise, la pénalité générale tombe : deux coups en stroke play, perte du trou en match play (Règle 6.3c).

Les Règles recommandent, sans l’imposer, de mettre une marque d’identification sur la balle que vous allez jouer (Règle 6.3a). Prenez l’habitude de le faire avant chaque partie avec un feutre indélébile : deux points, un trait, vos initiales, toujours au même endroit. Au premier départ, annoncez à vos partenaires la marque, le numéro et votre signe. Dix secondes suffisent, et la discussion n’aura jamais lieu.

Où les balles se perdent en France : lacs, ajoncs, pinèdes et sous-bois d’automne

Les six erreurs sont universelles. Le terrain qui les punit, lui, change d’une région à l’autre.

  • Les pièces d’eau des parcours de plaine. Sur de nombreux parcours de plaine, lacs et bassins entrent en jeu. L’exemple le plus connu est l’Albatros, au Golf National, à Guyancourt : sur les quatre derniers trous, théâtre de la Ryder Cup 2018, l’eau entre en jeu sur le 15, le 16 et le 18, et les greens du 15 et du 18 sont presque entièrement entourés par le lac. Sur ce type de trou, la règle d’or est simple : balle rayée, club sûr, et dégagement de la Règle 17 plutôt qu’un second essai.
  • Les links bretons et leurs ajoncs. À Saint-Briac-sur-Mer, le parcours de Dinard serpente entre les dunes couvertes de bruyère, les ajoncs et les genêts, exposé au vent de la Manche. Une balle qui entre dans un massif d’ajoncs se retrouve rarement, et quand on la retrouve, elle est souvent injouable. C’est le terrain idéal pour annoncer une provisoire dès que la balle part vers la végétation, et pour préférer un fer au driver sur les départs étroits.
  • Les pinèdes landaises. À Seignosse, le parcours serpente entre les pins et les chênes-lièges ; à Moliets, la plus grande partie se joue en pinède avant quelques trous au bord de l’océan. Sur ces tracés boisés, c’est l’erreur n° 4 qui coûte le plus : entre deux troncs, ressortez sur le fairway au lieu de viser le green.
  • Les feuilles mortes d’octobre. Dans tous les parcours arborés, de l’Île-de-France à l’Alsace, les feuilles couvrent le rough et parfois les bords de fairway. Une balle blanche y disparaît en quelques secondes. Sans règle locale particulière, une balle introuvable dans les feuilles est une balle perdue. Certains comités adoptent à l’automne une règle locale temporaire qui traite les zones de feuilles accumulées comme du terrain en réparation, mais le dégagement gratuit suppose alors de savoir, ou d’être pratiquement certain, que la balle s’y trouve. D’où l’importance du repère visuel, et d’une balle jaune ou orange pour la saison.
  • Les sangliers. Leurs dégâts n’épargnent pas les grands parcours : en janvier 2025, le Golf National a signalé des sangliers et des dégâts sur l’ensemble de son domaine, au point qu’un arrêté préfectoral a autorisé des tirs de nuit. Une balle qui tombe dans une zone de gazon retourné peut rester invisible. Les Règles prévoient une règle locale type (F-10) pour les dommages causés par des animaux, qui permet au comité d’accorder un dégagement sans pénalité : regardez si votre club l’a adoptée et comment les zones sont balisées.
  • Les tiques dans les hautes herbes. Fouiller les fougères et les broussailles pour une balle à quelques euros n’est pas sans risque. Selon Santé publique France, la saison d’activité des tiques s’étend de mars à novembre, et les zones boisées, les hautes herbes et les fougères sont leur milieu de prédilection. Si votre balle part dans ce type de végétation, laissez-la : la provisoire ou la zone à pénalité vous coûtera moins qu’une piqûre.

Pour apprendre avec moins de risques, la fédération a prévu des étapes. Le PASS Carte Verte, le « permis de golfer » de la ffgolf, se prépare en trois niveaux, du jeu sur distances courtes jusqu’au test final sur le grand parcours, et il évalue le putting, le petit jeu et le grand jeu, mais aussi les Règles de golf et le comportement sur le parcours : la balle provisoire et les zones à pénalité en font partie. Le test final suppose une licence ffgolf, à 62 € pour un adulte de plus de 25 ans en 2026. Avant cela, les compacts et les pitch and putt, ces parcours de neuf trous de moins de 1 100 mètres, offrent beaucoup moins d’occasions de perdre une balle. Notre guide des neuf trous et compacts vous aide à en choisir un près de chez vous.

Votre liste avant la prochaine partie

  • Marquez chaque balle du sac avec le même signe, et annoncez à vos partenaires ce que vous jouez.
  • Gardez deux ou trois balles rayées dans une poche à part pour les trous d’eau.
  • Lisez les règles locales : couleur des piquets, Règle locale type E-5, feuilles, dommages d’animaux.
  • Glissez une balle jaune ou orange dans le sac pour les parcours arborés d’octobre.
  • Sur chaque coup, suivez la balle jusqu’au sol et nommez un repère à voix haute.
  • Sur les départs étroits, prenez le club le plus droit, pas le plus long.
  • Dès qu’une balle risque d’être perdue ou hors limites, dites « provisoire » et jouez-en une seconde avant d’avancer.
  • Dans les arbres, ressortez sur le fairway. Dans l’eau, dégagez-vous et passez à la suite. Dans les fougères, laissez la balle.

Comptez les balles de votre sac avant le premier départ, puis à nouveau après le dix-huitième green. Ce chiffre est la mesure la plus fidèle de vos progrès de débutant, et contrairement au score, vous pouvez l’améliorer dès votre prochaine partie.

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